{"id":20,"date":"2019-03-15T17:07:43","date_gmt":"2019-03-15T17:07:43","guid":{"rendered":"https:\/\/concordeaugustinienneet.live-website.com\/?page_id=20"},"modified":"2019-11-29T20:59:31","modified_gmt":"2019-11-29T20:59:31","slug":"vocations","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/asconcordia.fr\/?page_id=20","title":{"rendered":"Anthropologie catholique"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\">\n<p style=\"text-align: right;\">\u00ab\u00a0\u2026 afin que nous puissions mener une vie calme et tranquille, en toute pi\u00e9t\u00e9 et honn\u00eatet\u00e9.\u00a0\u00bb (I Tim. II, 2)<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em><strong>Sommaire<\/strong><strong>.<\/strong><\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>I. <\/strong><strong>\u2013 La vocation chr\u00e9tienne.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>II. \u2013 L\u2019anthropologie catholique traditionnelle.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>III. \u2013 Les Ap\u00f4tres. \u2013 Les Ev\u00eaques.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>IV. \u2013 Les Hommes. \u2013 Les Pr\u00eatres.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>V. \u2013 Les Hommes. \u2013 Les La\u00efcs.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>VI. \u2013 Les \u00ab c\u00e9libataires \u00bb.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>VII. \u2013 Les Religieux.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>VIII. \u2013 Les Martyrs.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>IX. \u2013 Les Femmes.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>X. \u2013 <\/strong><strong>Les Vierges.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>XI. \u2013 <\/strong><strong>Les Non-Vierges. \u2013 Les Epouses.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>XII. \u2013 <\/strong><strong>Les Non-Vierges. \u2013 Les Veuves.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>XIII. \u2013 <\/strong><strong>Les Enfants.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>XIV. \u2013 A propos de l\u2019<em>homme naturel<\/em>.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>I. \u2013 La vocation chr\u00e9tienne.<\/strong><\/p>\n<p>A strictement parler, la <em>vocation<\/em> est l\u2019appel \u00e0 entrer dans la cl\u00e9ricature que l\u2019Ev\u00eaque adresse \u00e0 un individu m\u00e2le dans lequel il discerne les talents n\u00e9cessaires. Par l\u2019Ev\u00eaque, c\u2019est l\u2019Eglise qui appelle, c\u2019est le Saint-Esprit qui parle \u00e0 la personne, lui indiquant la volont\u00e9 de Dieu pour elle. \u2013 Mais d\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, la vocation est l\u2019appel efficace que Dieu adresse aux brebis dispers\u00e9es (cf. S. Jn X, 16), qui les fait entrer dans le bercail de l\u2019Eglise.<\/p>\n<p>C\u2019est la raison pour laquelle S. Paul emploie le mot dans cette exhortation\u00a0: \u00ab\u00a0Je vous prie donc instamment, moi qui suis prisonnier dans le Seigneur, d\u2019avoir une conduite digne de la vocation \u00e0 laquelle vous avez \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s, en toute humilit\u00e9 et douceur, avec patience, vous supportant mutuellement avec charit\u00e9, vous effor\u00e7ant de conserver l\u2019unit\u00e9 de l\u2019esprit par le lien de la paix.\u00a0\u00bb (Eph. IV, 1).<\/p>\n<p>La vocation chr\u00e9tienne est avant tout la sortie du royaume des t\u00e9n\u00e8bres, et l\u2019entr\u00e9e dans le royaume du Fils bien-aim\u00e9 de Dieu, \u00ab\u00a0par le sang duquel nous avons la r\u00e9demption, la r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s\u00a0\u00bb (Col. I, 13-14). A ce titre, cette vocation implique un changement radical de vie, de m\u0153urs et de mentalit\u00e9\u00a0: ceux qui franchissent la porte de l\u2019Eglise par le bapt\u00eame marchent dans une \u00ab\u00a0nouveaut\u00e9 de vie\u00a0\u00bb (Rom. VI, 4), selon qu\u2019il est \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Ceux qui appartiennent au Christ J\u00e9sus ont crucifi\u00e9 leur chair avec ses passions et ses convoitises\u00a0\u00bb (Gal. V, 24).<\/p>\n<p>La vocation \u00e0 devenir chr\u00e9tien ne consiste pas \u00e0 se procurer un suppl\u00e9ment d\u2019\u00e2me pour vivre \u00e0 sa guise, selon son \u00e9go\u00efsme, c\u2019est-\u00e0-dire la loi de la <em>triple concupiscence<\/em>, \u00ab\u00a0la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l\u2019orgueil de la vie\u00a0\u00bb (I Jn II, 16). Dieu \u00ab\u00a0nous a sauv\u00e9s et nous a appel\u00e9s par une vocation sainte, non en vertu de nos \u0153uvres, mais en vertu de son propre d\u00e9cret et de sa gr\u00e2ce, qui nous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e dans le Christ J\u00e9sus de toute \u00e9ternit\u00e9.\u00a0\u00bb (II Tim. I, 9).<\/p>\n<p>La destruction universelle, par la Modernit\u00e9, des structures traditionnelles ne constitue pas pour le chr\u00e9tien une raison pour se d\u00e9rober \u00e0 l\u2019objet principal de la vie chr\u00e9tienne, qui est de glorifier Dieu dans les moindres actions de l\u2019existence (I Cor. X, 31). Les moyens de glorifier Dieu sont pourvus par Dieu m\u00eame\u00a0: ils constituent les <em>\u00e9tats de vie<\/em> que l\u2019on trouve dans la religion chr\u00e9tienne, \u00e0 savoir\u00a0: l\u2019\u00e9tat la\u00efc, l\u2019\u00e9tat religieux, l\u2019\u00e9tat cl\u00e9rical.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>II. \u2013 L\u2019anthropologie catholique traditionnelle.<\/strong><\/p>\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019anthropologie catholique classifie les fid\u00e8les, qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par le saint Bapt\u00eame, en cat\u00e9gories tr\u00e8s d\u00e9finies, pr\u00e9sentes dans le Ciel, donc sur la terre, o\u00f9 elles sont dans un \u00e9tat de pr\u00e9paration appel\u00e9 l\u2019\u00e9tat de voie, c\u2019est-\u00e0-dire <em>la vie chr\u00e9tienne<\/em>.<\/p>\n<p>C\u2019est dans le Br\u00e9viaire et le Missel que nous trouvons le fondement de l\u2019anthropologie sociale catholique. L\u2019Eglise y distingue entre :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Les Ap\u00f4tres\u00a0;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Les Martyrs m\u00e2les\u00a0;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Les Confesseurs Pontifes\u00a0;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Les Docteurs de l\u2019Eglise\u00a0;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Les Confesseurs non-pontifes (Clercs ou La\u00efcs)\u00a0;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Les Vierges (martyres et non-martyres)\u00a0;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Les Non-Vierges (martyres et non-martyres).<\/strong><\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 catholique consid\u00e9r\u00e9e dans la r\u00e9alit\u00e9 autonome qu\u2019est l\u2019Eglise, ne conna\u00eet d\u2019autre fa\u00e7on de vivre chr\u00e9tiennement que de se conformer aux devoirs qui r\u00e9gissent les \u00e9tats de vie que nous venons de mentionner.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>III. \u2013 Les Ap\u00f4tres. \u2013 Les Ev\u00eaques.<\/strong><\/p>\n<p>Depuis qu\u2019ils sont morts, les Ap\u00f4tres n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s, quoique les Ev\u00eaques soient leurs v\u00e9ritables successeurs. La premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration des Disciples du Christ n\u2019en reste pas moins la cat\u00e9gorie fondamentale qui d\u00e9termine toutes les suivantes. En effet, les saints Ap\u00f4tres constituent les Douze Chefs des Tribus spirituelles de la nouvelle Alliance (cf. Jc. I, 1), dont nous sommes les fils et les enfants. Ce Duod\u00e9naire patriarcal conf\u00e8re \u00e0 la vision chr\u00e9tienne du monde une sp\u00e9cificit\u00e9, que les divers courants f\u00e9ministes, m\u00e9ta-f\u00e9ministes et post-f\u00e9ministes (et ajoutons anti-f\u00e9ministes) combattent ou r\u00e9cusent. Notre Dieu, qui est b\u00e9ni \u00e9ternellement, Amen (Rom. I, 25), est P\u00e8re, Fils et Saint-Esprit\u00a0; aussi, les chefs de la Foi sont-ils des Hommes (<em>viri<\/em>) \u00e9lus par le Verbe incarn\u00e9, pour aller et enseigner les nations. Il d\u00e9coule de cette r\u00e9alit\u00e9 l\u2019imprescriptible masculinit\u00e9 du Sacerdoce et des fonctions enseignantes au sein de l\u2019Eglise, selon la parole de l\u2019Ap\u00f4tre des nations\u00a0: <em>Taceat mulier in Ecclesia<\/em> (I Cor. XIV, 34). Il en d\u00e9coule aussi, dans l\u2019organisation sociale, la primaut\u00e9 du masculin sur le f\u00e9minin. A la masculinit\u00e9 est attach\u00e9 le privil\u00e8ge du vicariat divin, selon les mots de la <em>Pr\u00e9face<\/em> des Ap\u00f4tres, qui demande pour le troupeau du Seigneur \u00ab\u00a0qu\u2019il soit gouvern\u00e9 par ces [\u2026] guides que Vous avez \u00e9tablis vicaires de votre \u0153uvre et charg\u00e9s d\u2019en \u00eatre les pasteurs\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les SS. Ap\u00f4tres, viennent les <em>Pontifes<\/em>, qui participent \u00e0 la capitalit\u00e9 de l\u2019Eglise, soit les Papes et les Ev\u00eaques, qui constituent l\u2019Eglise enseignante. D\u00e9positaires de la l\u00e9gitimit\u00e9 et de la juridiction apostoliques, leurs devoirs d\u2019\u00e9tat sont essentiellement de r\u00e9gir, de nourrir et de guider le troupeau du Christ, pour le faire parvenir entier et intact au grand Jour du Jugement. A la capitalit\u00e9 incombe le devoir de donner \u00e0 la famille de Dieu \u00ab\u00a0la mesure de bl\u00e9 dont elle a besoin au temps fix\u00e9\u00a0\u00bb (S. Lc XII, 42, antienne de Communion de la messe d\u2019un confesseur Pontife).<\/p>\n<p>Les Pontifes tiennent lieu de Dieu sur la terre, selon la parole du Seigneur \u00e0 Mo\u00efse\u00a0: <em>Ecce constitui te Deum Pharaonis<\/em>, \u00ab\u00a0Voici que je t\u2019ai constitu\u00e9 Dieu pour Pharaon\u00a0\u00bb (Ex. VII, 1).<\/p>\n<p>Les Docteurs constituent une cat\u00e9gorie \u00e0 part, qui qualifie certains Clercs apr\u00e8s leur mort, lorsque l\u2019Eglise reconna\u00eet dans leur doctrine l\u2019expression parfaite de la foi catholique. A proprement parler, aux Docteurs au Ciel correspondent tous ceux qui, selon leur \u00e9tat et sur terre, ont pour mission d\u2019enseigner la foi\u00a0: \u00ab\u00a0La Loi de Dieu est dans son c\u0153ur et ses pas ne chancelleront pas\u00a0\u00bb (Ps. XXXVI, 31, Graduel de la messe d\u2019un Docteur). Les Ev\u00eaques, chefs de l\u2019Eglise dispers\u00e9e, sont les docteurs de la foi, en ce sens que c\u2019est \u00e0 eux qu\u2019incombe le devoir d\u2019enseigner les peuples \u00e0 eux confi\u00e9s par la Providence.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>IV. \u2013 Les Hommes. \u2013 Les Pr\u00eatres.<\/strong><\/p>\n<p>Les Hommes se subdivisent en deux cat\u00e9gories\u00a0: les hommes marqu\u00e9s du caract\u00e8re sacerdotal\u00a0; les hommes non marqu\u00e9s du caract\u00e8re sacerdotal.<\/p>\n<p>Les premiers, quoique membres de l\u2019Eglise enseign\u00e9e, participent par d\u00e9l\u00e9gation \u00e0 la capitalit\u00e9 des Ev\u00eaques, auxquels leur mission est conditionnellement li\u00e9e. Les Pr\u00eatres sont des hommes baptis\u00e9s, auxquels le sacrement de l\u2019Ordre a conf\u00e9r\u00e9 un caract\u00e8re suppl\u00e9mentaire, qui les rend capables de c\u00e9l\u00e9brer les Myst\u00e8res de notre sainte religion. Contrairement \u00e0 l\u2019\u00e9piscopat, le sacerdoce est limit\u00e9 dans son pouvoir\u00a0; le pr\u00eatre ne peut transmettre le sacrement qu\u2019il a re\u00e7u, car, en tant que tel, il est une participation \u00e0 la <em>pl\u00e9nitude du sacerdoce<\/em> que seul poss\u00e8de l\u2019Ev\u00eaque. Le symbolisme de l\u2019\u00e9tole, qu\u2019il porte crois\u00e9e, contrairement \u00e0 l\u2019Ev\u00eaque, indique cette diff\u00e9rence.<\/p>\n<p>Les Clerc se caract\u00e9rise par le service de l\u2019Eglise\u00a0; la cl\u00e9ricature n\u2019est pas un droit, mais un privil\u00e8ge conditionnel, qui n\u00e9cessite, pour \u00eatre effectif, l\u2019incardination, c\u2019est-\u00e0-dire, d\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, le rattachement r\u00e9el \u00e0 une autorit\u00e9 princi\u00e8re de l\u2019Eglise, comme le stipule le canon 111 \u00a7 1. On parle beaucoup de la validit\u00e9 des saints Ordres\u00a0; mais celle de l\u2019incardination (can. 112) en est le corollaire non moins n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019exercice des offices et fonctions de la cl\u00e9ricature. L\u2019incardination est sanctionn\u00e9e par un serment de stabilit\u00e9 (can. 117 \u00a7 3). Par cons\u00e9quent, un pr\u00eatre <em>vagus<\/em> perd <em>de facto<\/em> le droit de confesser, de marier, de pr\u00eacher, voire de c\u00e9l\u00e9brer les myst\u00e8res, puisqu\u2019il est comme un corps priv\u00e9 de t\u00eate. Qu\u2019il demeure intrins\u00e8quement capable d\u2019exercer les pouvoirs qui sont les siens, c\u2019est un fait\u00a0; mais la th\u00e9ologie nous dit que les <em>fruits<\/em> en seront nuls, et c\u2019est cela le plus important.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/asconcordia.fr\/les-clercs\">Notice sur les Pr\u00eatres de l&rsquo;ASQC<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>V. \u2013 Les Hommes. \u2013 Les La\u00efcs.<\/strong><\/p>\n<p>Les seconds se subdivisent en deux cat\u00e9gories, que sont les hommes mari\u00e9s et les c\u00e9libataires.<\/p>\n<p>L\u2019homme mari\u00e9 est un lieutenant du Christ, selon la doctrine explicite de S. Paul\u00a0: \u00ab\u00a0Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aim\u00e9 l\u2019Eglise\u00a0\u00bb (Eph. V, 25). La responsabilit\u00e9 de l\u2019homme mari\u00e9 est de nature <em>sponsale<\/em>, et quand Dieu lui donne des enfants, <em>paternelle<\/em>. Ces deux autorit\u00e9s le place, sur le plan naturel, dans une situation analogue \u00e0 celle de l\u2019Ev\u00eaque. En effet, celui-ci est l\u2019Epoux de son Eglise, et le P\u00e8re \u00e0 fois des fid\u00e8les en g\u00e9n\u00e9ral, engendr\u00e9s par le bapt\u00eame, et des Pr\u00eatres en particulier, qu\u2019il engendre par le sacrement de l\u2019Ordre. La dignit\u00e9 paternelle tient son \u00e9l\u00e9vation extr\u00eame du fait qu\u2019elle est une manifestation de la Paternit\u00e9 divine, par laquelle Dieu le P\u00e8re engendre de toute \u00e9ternit\u00e9 un Fils \u00e0 son image. Il est \u00e0 noter que la dignit\u00e9 maternelle d\u00e9coule de la dignit\u00e9 paternelle, comme la Femme fut tir\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Homme (Gen. II, 22).<\/p>\n<p>Les la\u00efcs se subdivisent en deux cat\u00e9gories distinctes, que sont les nobles et les roturiers\u00a0; toutefois, nous ne traiterons pas de la question ici. Contentons-nous de souligner que si les roturiers doivent honorer ceux auxquels Dieu a commis, de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, la lieutenance de son pouvoir (cf. I Pi. II, 13-14, 17), ces derniers se doivent de demeurer dans le rang qui est le leur, d\u2019appuyer de leur autorit\u00e9 celle des Ev\u00eaques et des Pr\u00eatres catholiques, et d\u2019\u00eatre pour tous les exemples d\u2019une observation exacte et rigoureuse des maximes de l\u2019Evangile.<\/p>\n<p>Si, comme nous le dirons plus bas, l\u2019usurpation des fonctions cl\u00e9ricales par les la\u00efcs est un acte contraire \u00e0 l\u2019ordre des choses, donc sacril\u00e8ge, celle des attributions propres \u00e0 la noblesse par les roturiers ne l\u2019est pas moins. Notons encore que l\u2019exercice, par les nobles, des occupations propres \u00e0 l\u2019\u00e9tat roturier constitue une cause de d\u00e9rogeance, qu\u2019il serait bien imprudent pour eux de cultiver.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>VI. \u2013 Les \u00ab c\u00e9libataires \u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>Passons \u00e0 la seconde cat\u00e9gorie. On a beau scruter le Martyrologe, il sera impossible d\u2019y trouver la cat\u00e9gorie des <em>c\u00e9libataires<\/em>. L\u2019homme qui n\u2019est pas mari\u00e9 est ou bien un mineur (l\u2019\u00e2ge catholique de la majorit\u00e9 est de 21 ans), ou bien un Religieux ou un Clerc. Nous ne parlerons pas des c\u00e9libataires au sens de jeunes hommes se destinant au mariage, et en attente de r\u00e9aliser cette ambition. Ceux-l\u00e0 se savent dans un \u00e9tat transitoire, auquel ils ne s\u2019identifient pas, et auquel ils ne demandent qu\u2019\u00e0 mettre fin. \u2013 Par c\u00e9libataires, nous entendons ceux qui ne sont ni mari\u00e9s ni clercs, et qui s\u2019en contentent. La Modernit\u00e9, chacun le sait, g\u00e9n\u00e8re quantit\u00e9 de ce genre de c\u00e9libataires, au point qu\u2019il s\u2019en est d\u00e9gag\u00e9 un concept vaguement associ\u00e9 \u00e0 celui d\u2019<em>homme libre<\/em>, traditionnel, celui-l\u00e0, et avec lequel il n\u2019a strictement aucun rapport r\u00e9el. (<em>Libre<\/em> ne signifie pas \u00ab\u00a0disponible\u00a0\u00bb, mais \u00ab\u00a0capable de faire sans contrainte ce que l\u2019on est cens\u00e9 faire\u00a0\u00bb.) Si nul ne songerait \u00e0 accuser l\u2019homme qui n\u2019a pas trouv\u00e9 \u00e0 se marier d\u2019\u00eatre dans un \u00e9tat honteux, en revanche il ne fait aucun doute qu\u2019un tel c\u00e9libataire occupe la derni\u00e8re place de la hi\u00e9rarchie masculine. Quel que soit son \u00e2ge, il est \u00e0 mi-chemin entre l\u2019enfant et l\u2019adulte. En effet, si l\u2019homme ne participe ni \u00e0 la vie des Anges, par l\u2019\u00e9tat religieux, ni \u00e0 la capitalit\u00e9 de l\u2019Eglise, dans l\u2019\u00e9tat cl\u00e9rical, ni \u00e0 la capitalit\u00e9 naturelle, dans l\u2019\u00e9tat de mariage, il se trouve dans une situation o\u00f9, d\u00e9pourvu de toute responsabilit\u00e9, il est plus proche de l\u2019enfance que de l\u2019\u00e2ge adulte.<\/p>\n<p>Dans le dernier si\u00e8cle, apr\u00e8s la premi\u00e8re Guerre mondiale, on a commenc\u00e9, chez les catholiques, \u00e0 envisager les paroles de S. Paul \u00ab\u00a0Il est avantageux \u00e0 l\u2019homme de ne toucher aucune femme\u00a0\u00bb (I Cor. VII, 1) d\u2019une fa\u00e7on fort naturaliste. Le but \u00e9tait de valoriser la cat\u00e9gorie grandissante des laiss\u00e9s-pour-compte de la vie. On d\u00e9veloppa l\u2019id\u00e9e que le c\u00e9libataire est \u00ab\u00a0plus disponible\u00a0\u00bb, etc., croyant pouvoir s\u2019appuyer sur cet autre verset de l\u2019Ecriture sainte\u00a0: \u00ab\u00a0Celui qui est sans femme met sa sollicitude dans les choses du Seigneur\u00a0\u00bb (<em>ibid<\/em>., 32). En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019Ap\u00f4tre pose les fondements du c\u00e9libat consacr\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire de la vie religieuse. La preuve en est qu\u2019entre un c\u00e9libataire et un Religieux, il y a une diff\u00e9rence notable, que le premier, quelque pieux qu\u2019il soit, est livr\u00e9 \u00e0 sa volont\u00e9-propre, tandis que le second, li\u00e9 par les trois V\u0153ux, est capable de marcher \u00ab\u00a0comme il plaira au Seigneur\u00a0\u00bb (<em>ibid<\/em>.) parce qu\u2019il est sans volont\u00e9-propre. Dans le meilleur des cas, le c\u00e9libataire est un religieux au rabais\u00a0; dans le pire, il est son propre ma\u00eetre, ce qui le place pour ainsi dire dans une situation hors-\u00e9tat, o\u00f9 toutes les imprudences deviennent possibles\u2026<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas jusqu\u2019aux sociologues profanes, qui voient dans la g\u00e9n\u00e9ralisation du c\u00e9libat une\u00a0 cons\u00e9quence directe de la <em>forma mentis<\/em> lib\u00e9rale, une forme d\u2019\u00e9go\u00efsme institutionnalis\u00e9, pour ne rien dire de la fameuse \u00ab\u00a0crainte de s\u2019engager\u00a0\u00bb, li\u00e9e bien souvent \u00e0 des dysfonctionnements psychologiques \u2013 les familles modernes s\u2019av\u00e9rant incapables de pr\u00e9parer les enfants \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte.<\/p>\n<p>Le c\u00e9libat naturel est donc, dans la religion chr\u00e9tienne, un non-\u00e9tat, ou du moins un <em>\u00e9tat de fait<\/em> transitoire, devant d\u00e9boucher ou bien sur l\u2019entr\u00e9e en Religion, ou bien sur le Mariage. S\u2019il pouvait exister des c\u00e9libataires non-religieux, il pourrait de m\u00eame exister des pr\u00eatres non-clercs\u00a0; <em>quod absit<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>VII. \u2013 Les Religieux.<\/strong><\/p>\n<p>Les Religieux, on l\u2019a compris, ne sont pas des c\u00e9libataires, mais des personnes consacr\u00e9es \u00e0 Dieu, qui suivent le conseil \u00e9vang\u00e9lique de ne pas prendre femme (S. Mth. XIX, 12). Leur \u00e9tat de vie est le plus parfait de tous, car il leur permet de pratiquer le renoncement \u00e0 soi-m\u00eame et la mortification de leur volont\u00e9-propre, ob\u00e9issant parfaitement \u00e0 la parole du Ma\u00eetre\u00a0: \u00ab\u00a0Si quelqu\u2019un veut venir apr\u00e8s moi, qu\u2019il renonce \u00e0 lui-m\u00eame, et porte sa croix chaque jour, et me suive\u00a0\u00bb (S. Lc IX, 23). L\u2019\u00e9tat religieux peut prendre plusieurs formes, d\u2019une agr\u00e9gation sans v\u0153u pr\u00e9cis, \u00e0 la profession religieuse perp\u00e9tuelle. Toujours est-il que cet \u00e9tat se distingue radicalement de l\u2019\u00e9tat la\u00efc.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/asconcordia.fr\/les-religieux\">Notice sur les Religieux de l&rsquo;ASQC<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>VIII. \u2013 Les Martyrs.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019anthropologie catholique place au-dessus de tous les \u00e9tats dans lesquels peuvent se trouver les individus m\u00e2les la dignit\u00e9 du Martyre. Celle-ci n\u2019a de sup\u00e9rieure que la gloire de l\u2019\u00e9tat apostolique \u2013 les SS. Ap\u00f4tres ayant eux-m\u00eames tous \u00e9t\u00e9 des martyrs. Le martyre consiste \u00e0 \u00eatre tu\u00e9 en haine du Christ et de la foi catholique, apostolique et romaine. Il n\u2019a rien \u00e0 voir avec la d\u00e9fense d\u2019un quelconque \u00ab imprescriptible droit sacr\u00e9 \u00e0 la libert\u00e9 de conscience \u00bb. Ceux qui meurent en d\u00e9fendant le schisme ou l\u2019h\u00e9r\u00e9sie ne sont jamais consid\u00e9r\u00e9s par l\u2019Eglise que comme des obstin\u00e9s et des r\u00e9prouv\u00e9s.<\/p>\n<p>A strictement parler, le martyre n\u2019est pas un \u00e9tat de vie chr\u00e9tienne, puisqu\u2019il est la fa\u00e7on la meilleure de terminer cette vie et de sortir du monde. N\u00e9anmoins le martyre ne saurait \u00eatre envisag\u00e9 comme la cons\u00e9quence de la seule haine des infid\u00e8les contre le christianisme et les chr\u00e9tiens\u00a0; il est <em>positivement<\/em> l\u2019aboutissement \u2013 si Dieu veut \u2013 d\u2019une vie chr\u00e9tienne caract\u00e9ris\u00e9e par la Charit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019amour de Dieu en toutes choses et par-dessus toutes choses. Le chr\u00e9tien m\u00e9diocre peut devenir un martyr s\u2019il re\u00e7oit une gr\u00e2ce sp\u00e9ciale qui l\u2019emp\u00eache d\u2019apostasier au dernier moment\u00a0; rares sont toutefois ceux auxquels Dieu l\u2019accorde. Mais celui qui, par la gr\u00e2ce de Dieu, aura v\u00e9cu chaque jour dans l\u2019ob\u00e9issance \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu telle qu\u2019elle se r\u00e9v\u00e8le par les devoirs de l\u2019\u00e9tat o\u00f9 la Providence l\u2019a plac\u00e9, celui-l\u00e0 sera un <em>t\u00e9moin<\/em> (car c\u2019est le sens \u00e9tymologique du mot) de Dieu \u00e0 chaque instant de son existence terrestre.<\/p>\n<p>Le martyre est ainsi \u00e0 la fois une cat\u00e9gorie glorieuse que l\u2019on int\u00e8gre par la mort violente, et une disposition permanente \u00e0 aimer Dieu plus que sa vie propre, tous les jours de notre p\u00e8lerinage ici-bas. Le chr\u00e9tien qui ne se conserve pas, avec l\u2019aide de Dieu, dans les conditions du <em>martyre<\/em>, du t\u00e9moignage de notre foi \u00e0 Dieu (I Pi. III, 15), n\u2019est donc pas digne du nom du Messie qui repose sur lui en vertu du bapt\u00eame. Le martyre est une vertu (une force) essentiellement m\u00e2le, qui consiste \u00e0 \u00eatre parfaitement conform\u00e9 \u00e0 N.-S. J.-C. dans sa Passion, selon ce que d\u00e9clare l\u2019Ecriture\u00a0: \u00ab\u00a0H\u00e9ritiers de Dieu, et coh\u00e9ritiers de J\u00e9sus-Christ, pourvu cependant que nous souffrions avec lui, afin d\u2019\u00eatre glorifi\u00e9s avec lui.\u00a0\u00bb (Rom. VIII, 17).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>IX. \u2013 Les Femmes.<\/strong><\/p>\n<p>La R\u00e9demption op\u00e9r\u00e9e par N.-S. J.-C. au prix de son pr\u00e9cieux Sang s\u2019applique toutefois aussi au genre f\u00e9minin. Contrairement \u00e0 une nouveaut\u00e9 qui ne cesse d\u2019\u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9e depuis deux si\u00e8cles, sans poss\u00e9der aucun fondement dans la Tradition, en accordant le bapt\u00eame aux femmes, le Christ n\u2019a pas d\u00e9pass\u00e9 la logique de la circoncision. Bien au contraire, le bapt\u00eame consistant \u00e0 mourir \u00e0 la nature pour rena\u00eetre \u00e0 la gr\u00e2ce, l\u2019homme qui est baptis\u00e9 rena\u00eet dans le m\u00eame genre que celui que la nature lui a donn\u00e9, puisqu\u2019il ressuscite dans le Christ, qui est un homme. La femme qui est baptis\u00e9e, quant \u00e0 elle, ressuscite (comme l\u2019homme) membre du Corps mystique de celui qui est un Homme\u00a0: \u00ab\u00a0Ecce Homo\u00a0\u00bb (S. Jn XIX, 5), l\u2019Homme par excellence. L\u2019infirmit\u00e9 de la f\u00e9minit\u00e9 (I Pi. III, 7), sa relativit\u00e9 univoque \u00e0 l\u2019homme, qui est sa raison d\u2019\u00eatre (I Cor. XI, 9), sa suj\u00e9tion \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019homme (Gen. III, 16), la culpabilit\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019origine de la faute originelle (I Tim. II, 14), tout cela demeure, car la gr\u00e2ce ne modifie pas la nature et l\u2019ordre des choses.<\/p>\n<p>En revanche, dans la mesure o\u00f9 la femme est subordonn\u00e9e \u00e0 l\u2019homme, elle peut \u00eatre sauv\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Appelez votre mari, et venez ici\u00a0\u00bb (S. Jn IV, 16). C\u2019est uniquement \u00e0 cette condition que, tir\u00e9e de l\u2019homme, elle participe \u00e0 l\u2019Evangile, qui s\u2019adresse d\u2019abord \u00e0 l\u2019homme. Cette derni\u00e8re affirmation surprendra sans doute beaucoup de catholiques, habitu\u00e9s qu\u2019ils sont aux innovations et autres falsification de la doctrine par un grand nombre d\u2019\u00e9crivains du XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, et par la quasi-totalit\u00e9 de ceux du XX<sup>\u00e8me<\/sup>. Et pourtant, il s\u2019agit bien de la doctrine catholique traditionnelle.<\/p>\n<p>Lorsque la femme re\u00e7oit la gr\u00e2ce du martyre, la Liturgie fait son \u00e9loge dans les termes suivants\u00a0: \u00ab\u00a0Chantons tous les louanges de cette femme forte, au c\u0153ur viril (<em>virili pectore<\/em>), que la gloire de la saintet\u00e9 rend illustre en tout lieu.\u00a0\u00bb (Hymne des II<sup>\u00e8mes<\/sup> V\u00eapres pour une martyre non-vierge.)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>X. \u2013 <\/strong><strong>Les Vierges.<\/strong><\/p>\n<p>Les femmes sont r\u00e9parties en deux cat\u00e9gories\u00a0: les vierges et les non-vierges. Nulle religion plus que la chr\u00e9tienne n\u2019honore la virginit\u00e9, et la consid\u00e8re comme une vertu au-dessus de toutes les autres. \u00ab\u00a0C\u2019est, \u00e9crit un Auteur, une chose qui surpasse les forces naturelles, que de vivre dans un corps mortel, comme si on n\u2019en avait point. Cependant c\u2019est ce que doivent faire les Vierges chr\u00e9tiennes, car il faut qu\u2019\u00e9tant rev\u00eatues d\u2019une chair corruptible, elles la mortifient en toutes rencontres, elles la soumettent \u00e0 la loi de l\u2019esprit, elles suppriment ses d\u00e9sirs les plus violents, elles s\u2019en servent comme d\u2019une esclave qu\u2019elles tiennent dans les fers, qu\u2019elles travaillent \u00e0 la mettre en \u00e9tat de ne plus s\u2019opposer \u00e0 leurs bonnes r\u00e9solutions, et qu\u2019elles la rendent en quelque mani\u00e8re spirituelle\u00a0; et comme les forces naturelles ne font point capables de produire un effet si merveilleux, les SS. P\u00e8res concluent que la Virginit\u00e9 est au-dessus de la nature.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce que nous avons dit, \u00e0 propos des hommes, du c\u00e9libat tel qu\u2019il se con\u00e7oit aujourd\u2019hui, se comprend encore mieux en ce qui concerne les femmes chr\u00e9tiennes. Le jeune homme adulte qui n\u2019est pas encore mari\u00e9, lorsqu\u2019il est majeur, s\u2019\u00e9mancipe de l\u2019autorit\u00e9 paternelle, puisqu\u2019il est lui-m\u00eame le principe potentiel d\u2019une nouvelle famille\u00a0; en revanche, la jeune fille non mari\u00e9e, m\u00eame majeure, demeure sous la tutelle paternelle, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle entre dans un \u00e9tat d\u00e9fini. Toutefois, contrairement au jeune homme qui n\u2019a pas encore d\u2019\u00e9tat d\u00e9fini, la jeune fille appartient par d\u00e9faut \u00e0 la cat\u00e9gorie des Vierges. La Vierge, soit la jeune fille qui n\u2019est pas mari\u00e9e, est sous l\u2019autorit\u00e9 de son p\u00e8re, comme la femme mari\u00e9e est sous l\u2019autorit\u00e9 de son mari, <em>mutatis mutandis<\/em>. A ce titre, l\u2019honneur de son p\u00e8re est li\u00e9 \u00e0 la puret\u00e9 de sa conduite\u00a0: \u00ab\u00a0Une fille est pour son p\u00e8re un secret souci, etc.\u00a0\u00bb (Eccli. XLII, 9)<\/p>\n<p>Ceci ne donne n\u00e9anmoins pas \u00e0 la virginit\u00e9 toute passive une valeur particuli\u00e8re\u00a0; disons qu\u2019il s\u2019agit du minimum pour une fille honn\u00eate. Les Auteurs eccl\u00e9siastiques insistent sur le fait que cette vertu, comme tout ce qui est un bien naturel, doit \u00eatre surnaturalis\u00e9e par la Charit\u00e9. Dans ces conditions, la virginit\u00e9 appara\u00eet \u00e9minemment glorieuse. C\u2019est pour cette raison que l\u2019orgueil en est la tentation naturelle, contre laquelle la Vierge doit se pr\u00e9munir absolument.<\/p>\n<p>Toutefois, l\u2019honneur de la Virginit\u00e9 ne se ternit pas uniquement par les fautes grossi\u00e8res\u00a0; il s\u2019\u00e9vanouit d\u00e8s lors que la Vierge sort de son \u00e9tat propre, qui est celui d\u2019une cr\u00e9ature dont le rapport \u00e0 la capitalit\u00e9 est univoque. Contrairement \u00e0 l\u2019\u00e9pouse, dont l\u2019\u00e9tat est une participation pleine \u00e0 la capitalit\u00e9 de son \u00e9poux, la Vierge chr\u00e9tienne ne participe pas \u00e0 la capitalit\u00e9 de son p\u00e8re, sinon pour en \u00eatre la gloire. Or, une telle gloire est cach\u00e9e en Dieu, c\u2019est-\u00e0-dire <em>prot\u00e9g\u00e9e<\/em> par une d\u00e9cence qui ne l\u2019expose pas aux yeux du monde. Ainsi, la Vierge chr\u00e9tienne transgresse les bornes de son \u00e9tat, d\u00e8s lors qu\u2019elle adopte les pratiques du monde, tant par le v\u00eatement, que par les occupations, que par les attitudes g\u00e9n\u00e9ralement admises parmi les mondains, et qui sont \u00e9trang\u00e8res \u00e0 la modestie chr\u00e9tienne.<\/p>\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, le p\u00e8re catholique souille son honneur, lorsqu\u2019il laisse les Vierges confi\u00e9es \u00e0 ses soins par la Providence entrer dans le monde, sp\u00e9cialement universitaire, et en g\u00e9n\u00e9ral professionnel au sens o\u00f9 le d\u00e9finit la soci\u00e9t\u00e9 moderne. Il faut ajouter qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019\u00e9tudier ou de travailler \u00ab\u00a0par correspondance\u00a0\u00bb, ce qui revient au m\u00eame\u00a0; en effet, ce n\u2019est pas tant la confrontation (in\u00e9vitable) avec les infid\u00e8les qui pose probl\u00e8me, que l\u2019usurpation des fonctions masculines par la femme chr\u00e9tienne qui constitue la transgression de son \u00e9tat.<\/p>\n<p>La Vierge qui est martyre ajoute \u00e0 sa gloire, en triomphant d\u00e9finitivement de sa condition temporelle, par une participation \u00e0 la virilit\u00e9 du Christ, \u00ab\u00a0force des martyrs\u00a0\u00bb. C\u2019est la doctrine qu\u2019implique l\u2019oraison de la premi\u00e8re messe pour une Vierge martyre\u00a0: \u00ab\u00a0O Dieu, qui entre autres merveilles de votre puissance, avez donn\u00e9 la palme du martyre m\u00eame au sexe le plus faible (<em>etiam in sexu fragili<\/em>), faites que, c\u00e9l\u00e9brant le triomphe de sainte N., Vierge et Martyre, nous mettions \u00e0 profit ses exemples pour monter jusqu\u2019\u00e0 vous. Etc.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La Vierge par excellence est la femme consacr\u00e9e \u00e0 Dieu par les trois V\u0153ux de la Religion. N\u00e9anmoins, il existe au sein de la Cit\u00e9 catholique une cat\u00e9gorie de Vierges qui ne sont pas li\u00e9es par les V\u0153ux de la profession religieuse. Ce que nous avons expos\u00e9 \u00e0 propos des hommes c\u00e9libataires s\u2019applique en partie aux Vierges chr\u00e9tiennes, en ce sens que la vision traditionnelle ne reconna\u00eet pas la validit\u00e9 d\u2019un \u00e9tat o\u00f9 la femme non-mari\u00e9e m\u00e8ne sa vie comme elle l\u2019entend. Si la Vierge n\u2019est <em>pas encore<\/em> mari\u00e9e (et nul ne saurait reprocher, une fois encore, \u00e0 une telle personne un \u00e9tat de fait relativement ind\u00e9pendant de sa volont\u00e9), contrairement \u00e0 l\u2019homme non-mari\u00e9, elle est n\u00e9cessairement sous l\u2019autorit\u00e9 de son p\u00e8re, ou du moins d\u2019un tuteur moral, qui veille sur son honneur, et pourvoit \u00e0 sa subsistance, en lui assurant les conditions d\u2019une vie honn\u00eate.<\/p>\n<p>Si une telle chr\u00e9tienne devait d\u00e9cider de demeurer dans l\u2019\u00e9tat de virginit\u00e9 simple, elle entrerait alors dans des conditions de vie r\u00e9gies par leurs r\u00e8gles propres, qui constituent un \u00e9tat \u00e0 part enti\u00e8re. Les Auteurs eccl\u00e9siastiques ont enseign\u00e9 sur le sujet, de sorte que, si cet \u00e9tat est de type la\u00efc, il n\u2019en reste pas moins que les devoirs des Vierges chr\u00e9tiennes fait d\u2019elles des \u00eatres particuli\u00e8rement sanctifi\u00e9es, qu\u2019une occupation de type mondain ou militant profane cat\u00e9goriquement.<\/p>\n<p>Les Vierges chr\u00e9tiennes se doivent de vivre dans la retraite, l\u2019humilit\u00e9 et les bonnes \u0153uvres, loin du monde et de ses dangers. De tout temps, l\u2019Eglise a pris un soin particulier pour \u00e9tendre son aile sur cette cat\u00e9gorie aussi glorieuse que vuln\u00e9rable, afin de la soustraire aux outrages de l\u2019impi\u00e9t\u00e9 et du si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>XI. \u2013 <\/strong><strong>Les Non-Vierges. \u2013 Les Epouses.<\/strong><\/p>\n<p>Les femmes non-vierges poss\u00e8dent leur dignit\u00e9 propre, qui, comme pour tous les autres \u00e9tats, a son origine dans le bapt\u00eame. Les saintes femmes sont en g\u00e9n\u00e9rale des \u00e9pouses, des veuves ou des p\u00e9nitentes. Dans le Martyrologe, l\u2019on compte quelques p\u00e9nitentes, comme S<sup>te<\/sup> Marie-Madeleine ou S<sup>te<\/sup> Marie l\u2019Egyptienne. Toutefois, il va de soi que cette cat\u00e9gorie est la derni\u00e8re dans la soci\u00e9t\u00e9 chr\u00e9tienne, encore que la puissance de la p\u00e9nitence \u00e9l\u00e8ve bien souvent ceux qui en re\u00e7oivent la gr\u00e2ce au-dessus dans quatre-vingt-dix-neuf justes qui n\u2019ont pas p\u00e9ch\u00e9 (S. Mth. XVIII, 13). Les p\u00e9nitentes sont associ\u00e9es aux femmes consacr\u00e9es, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre.<\/p>\n<p>Pour ce qui est des \u00e9pouses, la liturgie leur applique le trente-et-uni\u00e8me chapitre des Proverbes de Salomon (\u00e9p\u00eetre du commun d\u2019une non-vierge non-martyre), qui fait l\u2019\u00e9loge de la \u00ab femme forte \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019\u00e9pouse qui a \u00ab la confiance et le c\u0153ur de son mari \u00bb. La gloire d\u2019une \u00e9pouse pieuse est, selon N. S. P. Augustin, sup\u00e9rieure \u00e0 celle d\u2019une Vierge orgueilleuse. Si la gloire de la Vierge est de participer \u00e0 la nature spirituelle des saints Anges, en revanche, l\u2019on ne louera jamais assez celle des \u00e9pouses vertueuses : \u00ab J\u2019ai trouv\u00e9 un homme entre mille, mais je n\u2019ai pas trouv\u00e9 une femme dans le m\u00eame nombre \u00bb (Eccl. VII, 28) : \u00ab La femme qui craint le Seigneur est celle qui sera lou\u00e9e \u00bb (Pv. XXXI, 30). Situ\u00e9e au dernier \u00e9chelon de la hi\u00e9rarchie des \u00e9tats de vie, l\u2019\u00e9pouse est, dans l\u2019\u00e9tat la\u00efc, la repr\u00e9sentation de la sainte Eglise catholique, selon les paroles de S. Paul d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9es : \u00ab Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aim\u00e9 l\u2019Eglise, et s\u2019est livr\u00e9 lui-m\u00eame pour elle, afin de la sanctifier, la purifiant par le bapt\u00eame d\u2019eau, par la parole de vie, pour la faire para\u00eetre devant lui une Eglise glorieuse, n\u2019ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais pour qu\u2019elle soit sainte et immacul\u00e9e. \u00bb (Eph. V, 25-27)<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit qu\u2019une \u00e9pouse qui ne serait pas soumise \u00e0 son \u00e9poux comme l\u2019Eglise l\u2019est au Christ (Eph. V, 22), et qui ne porterait pas les marques de cette ordonnation, ne saurait \u00eatre r\u00e9put\u00e9e fid\u00e8le \u00e0 son \u00e9tat. Les opinions f\u00e9ministes, m\u00e9ta-f\u00e9ministes et anti-f\u00e9ministes ont ceci de commun qu\u2019elles soutiennent l\u2019\u00e9galit\u00e9 de l\u2019homme et de la femme \u2013 chacune envisageant cette \u00e9galit\u00e9 de fa\u00e7on contradictoire. La r\u00e9alit\u00e9 est que si l\u2019homme et la femme sont \u00e9gaux, alors le Fils \u00e9ternel de Dieu et l\u2019Eglise sont \u00e9gaux\u00a0; partant, l\u2019Eglise est une entit\u00e9 divine distincte du Christ, <em>quod absit<\/em>. La femme est donc ordonn\u00e9e \u00e0 l\u2019homme\u00a0; ce dernier est ordonn\u00e9 au Verbe divin\u00a0; et celui-ci est soumis \u00e0 son P\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0Or, je veux que vous sachiez que le chef de tout homme est le Christ\u00a0; le chef de la femme, l\u2019homme\u00a0; et le chef du Christ, Dieu.\u00a0\u00bb (I Cor. XI, 3)<\/p>\n<p>La femme catholique, dont l\u2019\u00e9tat est celui d\u2019\u00e9pouse, doit de m\u00eame, si Dieu veut, \u00eatre m\u00e8re. En effet, enseigne S. Paul, la femme \u00ab\u00a0sera sauv\u00e9e par la g\u00e9n\u00e9ration des enfants, si elle demeure dans la foi, la charit\u00e9 et la saintet\u00e9 jointe \u00e0 la temp\u00e9rance.\u00a0\u00bb (I Tim. II, 15)\u00a0Il est donc impossible \u00e0 la femme de se sauver, si elle n\u2019est pas ordonn\u00e9e \u00e0 son mari, si elle ne met pas au monde tous les enfants que Dieu lui donne (si telle est la volont\u00e9 divine), et si elle ne pratique pas les vertus chr\u00e9tiennes par la Charit\u00e9.<\/p>\n<p>On notera qu\u2019une telle affirmation se d\u00e9cline selon tous les \u00e9tats de vie pour tous les baptis\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>XII. \u2013 <\/strong><strong>Les Non-Vierges. \u2013 Les Veuves.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tat de viduit\u00e9 est celui de l\u2019\u00e9pouse qui a perdu son mari par le d\u00e9c\u00e8s de ce dernier. Les Veuves ont toujours constitu\u00e9 dans l\u2019Eglise une cat\u00e9gorie bien d\u00e9finie, caract\u00e9ris\u00e9e \u00e0 la fois par une plus grande vuln\u00e9rabilit\u00e9, et par un privil\u00e8ge d\u2019assistance (I Tim. V, 16). Si la Veuve est en v\u00e9n\u00e9ration chez les chr\u00e9tiens, c\u2019est parce que, comme la Vierge, elle se comporte selon Dieu. Toutefois, l\u2019Ap\u00f4tre attend de la Veuve qu\u2019elle fasse fructifier dans ce nouvel \u00e9tat les bonnes \u0153uvres qu\u2019elle a accomplies dans l\u2019\u00e9tat d\u2019\u00e9pouse et de m\u00e8re. \u00ab\u00a0Que la veuve qu\u2019on choisira n\u2019ait pas moins de soixante ans\u00a0; qu\u2019elle n\u2019ait eu qu\u2019un mari\u00a0; qu\u2019on puisse rendre t\u00e9moignage de ses bonnes \u0153uvres\u00a0: si elle a \u00e9lev\u00e9 ses enfants, si elle a exerc\u00e9 l\u2019hospitalit\u00e9, si elle a lav\u00e9 les pieds des saints, si elle a secouru les afflig\u00e9s, si elle s\u2019est appliqu\u00e9e \u00e0 toute sorte de bonnes \u0153uvres.\u00a0\u00bb (I Tim. V, 9-10)<\/p>\n<p>La Veuve reconnue comme telle par l\u2019Eglise, tient en quelque sorte le milieu entre la Vierge consacr\u00e9e et l\u2019\u00e9pouse. En effet, de par son \u00e2ge, de par son exp\u00e9rience de l\u2019ordonnation et de l\u2019ob\u00e9issance \u00e0 son chef naturel, la Veuve appara\u00eet comme une pr\u00e9ceptrice de premier ordre, toujours selon l\u2019enseignement de l\u2019Ap\u00f4tre (<em>ibid.<\/em>, 4)\u00a0; cette fonction au sein de la soci\u00e9t\u00e9 familiale chr\u00e9tienne est d\u2019ailleurs anticip\u00e9 par les femmes plus \u00e2g\u00e9es, c\u2019est-\u00e0-dire exerc\u00e9es dans leur \u00e9tat, auxquelles l\u2019Ap\u00f4tre ordonne \u00ab\u00a0d\u2019avoir un maintien qui respire la saintet\u00e9, de n\u2019\u00eatre ni m\u00e9disante, ni adonn\u00e9es au vin, de bien instruire, d\u2019enseigner la sagesse aux jeunes filles, d\u2019aimer leurs maris, de ch\u00e9rir leurs enfants, d\u2019\u00eatre prudentes, chastes, sobres, appliqu\u00e9es au soin de leur maison, bonnes, soumises \u00e0 leurs maris, afin que la parole de Dieu ne soit point blasph\u00e9m\u00e9e.\u00a0\u00bb (Tite II, 3-5)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>XIII. \u2013 <\/strong><strong>Les Enfants.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019enfance chr\u00e9tienne commence avec l\u2019octroi du bapt\u00eame\u00a0; avant le passage par la \u00ab\u00a0porte des Sacrements\u00a0\u00bb, l\u2019enfant n\u2019est qu\u2019un homme naturel, marqu\u00e9 par la chute du Premier Adam, sous l\u2019emprise du d\u00e9mon et incapable de salut. C\u2019est la raison pour laquelle les enfants qui meurent sans le bapt\u00eame ne sauraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme capables de voir la Lumi\u00e8re b\u00e9atifique. D\u2019o\u00f9 la b\u00e9n\u00e9diction que l\u2019Eglise donne \u00e0 l\u2019\u00e9pouse, lors de la c\u00e9r\u00e9monie du mariage, et \u00e0 la future m\u00e8re par le sacramental appropri\u00e9, afin que Dieu la rende capable de conserver son fruit.<\/p>\n<p>L\u2019enfance ne constitue pas un \u00e9tat au m\u00eame titre que les \u00e9tats de vie que nous venons de d\u00e9crire\u00a0 bri\u00e8vement. Il est une condition d\u2019imperfection, la raison n\u2019\u00e9tant pas encore pleinement form\u00e9e dans le sujet. Celui-ci n\u2019atteignant l\u2019\u00e9tat adulte qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 21 ans r\u00e9volus, il doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme ne poss\u00e9dant pas encore la maturit\u00e9 morale, intellectuelle et humaine, quoique son \u00e9ducation vise \u00e0 faire de lui un chr\u00e9tien adulte \u00e9panoui. L\u2019on distingue entre l\u2019enfant jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de six ans r\u00e9volus, et celui qui a plus de sept ans. Le premier est r\u00e9put\u00e9 <em>innocent<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire incapable de commettre des p\u00e9ch\u00e9s mortels, son jugement \u00e9tant encore largement domin\u00e9 par les sens et non par la raison. La liturgie pr\u00e9voit que ceux qui meurent avant \u00ab l\u2019\u00e2ge de raison \u00bb ne soient pas inhum\u00e9s avec le rituel des fun\u00e9railles habituel, car elle reconna\u00eet qu\u2019ils jouissent du salut \u00e9ternel, en vertu de l\u2019innocence baptismale que leurs fautes irrationnelles n\u2019a pas entam\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019enfance est un \u00e9tat transitoire, dont il ne reste rien, une fois parvenu \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte, selon les paroles de l\u2019Ap\u00f4tre : \u00ab Quand j\u2019\u00e9tais petit enfant, je parlais comme un enfant, j\u2019avais les go\u00fbts d\u2019un petit enfant, je raisonnais comme un petit enfant ; mais quand je suis devenu homme, je me suis d\u00e9pouill\u00e9 de ce qui \u00e9tait de l\u2019enfant. \u00bb (I Cor. XIII, 11) La soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale, c\u2019est-\u00e0-dire moderne, est doublement n\u00e9faste, en ce qu\u2019elle pousse trop t\u00f4t l\u2019enfant dans le monde adulte, et qu\u2019elle infantilise l\u2019adulte, en favorisant chez lui une nostalgie indue de l\u2019enfance. Pour ce qui est de la soci\u00e9t\u00e9 catholique traditionnelle, l\u2019enfance est un temps d\u2019apprentissage, caract\u00e9ris\u00e9 essentiellement par la soumission aux A\u00een\u00e9s : \u00ab Jeunes gens, soyez soumis aux Anciens \u00bb (I Pi. V, 5), ce dernier mot d\u00e9signant \u00e0 la fois les Pr\u00eatres et les p\u00e8res, et toute autorit\u00e9 hi\u00e9rarchique.<\/p>\n<p>Comme nous l\u2019avons indiqu\u00e9, l\u2019\u00e9tat d\u2019enfance prend fin diff\u00e9remment pour les gar\u00e7ons et pour les filles. Les premiers acc\u00e8dent \u00e0 l\u2019\u00e9tat adulte, et deviennent eux-m\u00eames aptes \u00e0 fonder une famille, ne conservant avec leurs parents que le devoir de respecter le IV<sup>\u00e8me<\/sup> Commandement, qui n\u2019implique pas pour eux de d\u00e9pendance. En revanche, la fille devenue adulte demeure sous la tutelle de son p\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle se marie. Cela ne signifie pas qu\u2019elle soit une <em>mineure<\/em>, car il ne s\u2019agit pas, ici, de tutelle l\u00e9gale mais morale, du moins pour ce qui concerne les conditions de la Modernit\u00e9. Le d\u00e9faut ontologique de la femme, qui tient son \u00eatre de l\u2019homme, selon la volont\u00e9 du Cr\u00e9ateur, exige que ce dernier joue le r\u00f4le de <em>chef<\/em> vis-\u00e0-vis d\u2019elle, faute de quoi, elle est dans un \u00e9tat de vuln\u00e9rabilit\u00e9 qu\u2019aucune \u00ab\u00a0force de caract\u00e8re\u00a0\u00bb ne peut compenser. C\u2019est ce que l\u2019Ap\u00f4tre enseigne, lorsqu\u2019il d\u00e9clare\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est pourquoi la femme doit avoir une puissance sur sa t\u00eate\u00a0\u00bb (I Cor. XI, 9).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>XIV. \u2013 A propos de l\u2019<em>homme naturel<\/em>.<\/strong><\/p>\n<p>On notera que l\u2019anthropologie catholique traditionnelle n\u2019inclut pas l\u2019 \u00ab\u00a0homme naturel\u00a0\u00bb dans sa d\u00e9finition de l\u2019humanit\u00e9 <em>stricto sensu<\/em>. En effet, partant du principe que la chute de nos Premiers Parents a pr\u00e9cipit\u00e9 l\u2019homme en-dessous de sa nature, s\u2019il n\u2019a pas chang\u00e9 de nature, il est en revanche, par bien des aspects, devenu si d\u00e9figur\u00e9, qu\u2019il est plus un monstre qu\u2019un homme. Voil\u00e0 pourquoi le Messie, pour sauver l\u2019homme d\u00e9chu, est vu par le Proph\u00e8te n\u2019ayant plus figure humaine (Is. LII, 14), puisqu\u2019il s\u2019est abaiss\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la condition d\u2019un esclave (Phil. V, 7), l\u2019homme issu du premier Adam \u00e9tant naturellement un enfant du diable (I Jn III, 10).<\/p>\n<p>A moins que le bapt\u00eame ne soit qu\u2019une formalit\u00e9 tout accidentelle, qui d\u00e9core, en quelque sorte, un individu du nom de chr\u00e9tien sans provoquer aucun changement r\u00e9el en lui \u2013 ce qu\u2019aucun catholique sens\u00e9 n\u2019admettra \u2013, la diff\u00e9rence entre un baptis\u00e9 et un non-baptis\u00e9 n\u2019est autre que celle d\u2019un vivant et d\u2019un mort. Que cette vie et cette mort soient spirituelles ne signifie pas qu\u2019elles soient m\u00e9taphoriques. Aussi, il n\u2019y a pas de commune mesure entre le chr\u00e9tien et l\u2019infid\u00e8le\u00a0; leur association est contre-nature, au point que l\u2019Ap\u00f4tre d\u00e9clare\u00a0: \u00ab\u00a0Ne tra\u00eenez point le m\u00eame joug que les infid\u00e8les. Car quoi de commun entre la justice et l\u2019injustice\u00a0? ou quelles alliances entre la lumi\u00e8re et les t\u00e9n\u00e8bres\u00a0? Quel accord entre le Christ et B\u00e9lial\u00a0? ou quel commerce entre le fid\u00e8le et l\u2019infid\u00e8le\u00a0? \u2026 C\u2019est pourquoi sortez d\u2019au milieu d\u2019eux, et s\u00e9parez-vous, dit le Seigneur, et ne touchez point \u00e0 ce qui est impur\u00a0\u00bb. (II Cor. VI, 14-15)<\/p>\n<p>Le christianisme d\u00e9signe par le terme de \u00ab\u00a0gentils\u00a0\u00bb les hommes naturels, c\u2019est-\u00e0-dire non baptis\u00e9s. Le terme de \u00ab\u00a0gentil\u00a0\u00bb est synonyme de pa\u00efen, d\u2019infid\u00e8le, de m\u00e9cr\u00e9ant\u00a0; il signifie \u00e9tranger \u00e0 l\u2019alliance de Dieu et de son peuple\u00a0: \u00ab\u00a0Vous \u00e9tiez en ce temps-l\u00e0 sans Christ, s\u00e9par\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Isra\u00ebl, \u00e9trangers aux alliances, n\u2019ayant point l\u2019esp\u00e9rance de la promesse, et sans Dieu dans ce monde.\u00a0\u00bb (Eph. II, 12) Les <em>gentils<\/em> sont les cr\u00e9atures humaines priv\u00e9es de la <em>dignitas isra\u00eblitica\u00a0<\/em>; ils ne constituent pas \u00ab\u00a0l\u2019Isra\u00ebl de Dieu\u00a0\u00bb (Gal. VI, 16), et sont sous la mal\u00e9diction divine (Eph. II, 3). Le rituel du bapt\u00eame, tant des nourrissons que des adultes, r\u00e9v\u00e8le que l\u2019homme naturel, que le gentil, est une sorte d\u2019animal cornaqu\u00e9 par le d\u00e9mon\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019homme animal ne per\u00e7oit pas ce qui est de l\u2019Esprit de Dieu\u00a0; c\u2019est folie pour lui, et il ne le peut comprendre, parce que c\u2019est par l\u2019esprit qu\u2019on doit en juger\u00a0\u00bb (I Cor. II, 14), ne poss\u00e9dant pas \u00ab\u00a0la sagesse qui vient d\u2019en haut, mais une sagesse terrestre, animale, diabolique.\u00a0\u00bb (Jc III, 15)<\/p>\n<p>Si le catholique exerce la Charit\u00e9 envers toute cr\u00e9ature, baptis\u00e9e ou non, s\u2019il voit en tout homme un possible enfant de Dieu, dans la mesure o\u00f9 il ne faut d\u00e9sesp\u00e9rer de la conversion de personne, en revanche, la <em>Concorde augustinienne et sacerdotale<\/em> entend bien appliquer au pied de la lettre le commandement de l\u2019Ecriture sainte\u00a0: \u00ab\u00a0Ne vous associez point aux \u0153uvres infructueuses des t\u00e9n\u00e8bres, mais plut\u00f4t r\u00e9prouvez-les\u00a0\u00bb. (Eph. V, 11)<\/p>\n<p>Le clerg\u00e9 de l\u2019<em>Augustiniana Sacerdotalisque Concordia<\/em> ne c\u00e9l\u00e8bre en aucun cas de mariage \u00ab\u00a0mixte\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire dont l\u2019un des \u00e9poux ne professe pas la religion Catholique traditionnelle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0\u2026 afin que nous puissions mener une vie calme et tranquille, en toute pi\u00e9t\u00e9 et honn\u00eatet\u00e9.\u00a0\u00bb (I Tim. II, 2) Sommaire. I. \u2013 La vocation chr\u00e9tienne. 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